RÉFLEXION | Revenir à l’essentiel et revivre

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Celles qui me suivent sur Instagram sont certainement au courant. Il y a 10 jours, le 11 août dernier, j’ai dit adieu à mon vieux Gandalf. Plus qu’un chat, c’était mon vieux garçon, mon chaton grincheux. Nous luttions ensemble contre son cancer depuis plusieurs mois mais la maladie a fini par l’emporter. Lui dire adieu a été un déchirement. Et j’ai craqué. Craqué non seulement à cause de la terrible douleur laissée par le vide de son absence, mais aussi parce que ce fut la goutte de trop. L’événement malheureux qui a fait déborder le vase. La cerise sur le gâteau indigeste d’une année difficile, stressante et épuisante. J’ai pris quelques jours pour réaliser que j’avais grand besoin d’appuyer sur pause, respirer, faire le point et, surtout, revenir à l’essentiel pour mieux rebondir et revivre.

Revenir à l'essentiel

Je n’aime pas quand les choses vont trop vite, quand je me sens spectatrice de ma vie, quand j’ai l’horrible sensation de ne plus avoir les mains sur le volant. Je suis une personne positive, calme, zen. Je ne le suis plus ces derniers mois. Il me faut revenir à l’essentiel.

Professionnellement, tout va trop vite. Je n’ai pas encore trouvé l’assurance de lâcher totalement mon emploi salarié pour voler de mes propres ailes comme je le souhaite depuis si longtemps. Pire, la situation est catastrophique au bureau, entre changements de personnel à répétition et augmentation exponentielle de la charge de travail, je n’ai pas pris de vraies vacances depuis Noël dernier. Je suis au bord de l’épuisement.

Personnellement, les travaux dans la maison n’avancent pas comme espéré, justement car le temps que nous devions y consacrer nous manque cruellement. Et avec la fatigue, les moments difficiles de ma vie remontent à la surface. C’est fou comme la fatigue a le don de vous faire voir les choses en noir. Décès de mon père, histoires de famille, amitiés perdues, regrets… quel tourbillon négatif.

Le pire, c’est que lorsque la spirale infernale est lancée, on ne s’en rend même pas compte. Tout est triste, difficile, lourd. Sans le sentir venir, je suis devenue insidieusement pessimiste. Je me suis lentement coupée du monde pour concentrer mes quelques énergies sur l’essentiel: manger, aller au travail, dormir. Survivre en mode automatique. Plus de vie sociale, blog au ralenti. Plus de goût à rien finalement. Mais je ne m’en rendais pas compte. Tout s’est soudainement illuminé lorsque Gandalf est parti. L’événement de trop. J’ai pris soudainement conscience de la « big picture », de la forêt que mon quotidien terne cachait comme un arbre démesurément gigantesque. Non à la tristesse, ma vie doit être heureuse et sereine! Ce pessimisme, cette tristesse, cette fatigue… ce n’est pas moi.

Revenir à l'essentiel

Alors j’ai fait ce que je sais faire de mieux : faire le point. Parce que justement, je n’avais pas fait le point depuis le Nouvel An. Je me suis laissée envahir par le côté obscur de la force. Je dois me recentrer, revenir à l’essentiel.

Alors samedi matin, je me suis levée tôt. Il faisait encore nuit. J’ai pris un grand cahier vide et un crayon, je me suis installée dans mon jardin, en pyjama, enroulée dans une couverture, un thé à portée de main. Et j’ai écrit. Écrit tout ce qui me passait par la tête. J’ai fait des listes, de ce que je n’aimais pas dans ma vie aujourd’hui. De ce que j’aimais. De ce que je voudrais changer. De ce que je voudrais préserver et cultiver. J’ai écrit en noir toutes les choses négatives. Je me suis vidé le cœur, j’ai crevé cet abcès hideux qui gonflait depuis des mois en se nourrissant de mes espoirs, de mon dynamisme et de mon optimisme. J’ai beaucoup pleuré, j’ai laissé la tension s’échapper. J’ai accepté ma douleur, mes échecs, mon impuissance face à certaines situations.

J’ai alors compris que mes problèmes (ah les « problèmes », sympathique mot fourre-tout pour ranger tout ce qui ne se passe pas à notre goût) n’en étaient pas. Que la seule chose à faire, c’était de changer ma façon de voir les choses. Alors j’ai pris un crayon vert et j’ai écrit mes espoirs, mes bonheurs, mes projets. J’ai soudainement réalisé que ces derniers mois j’avais simplement une vision biaisée de ma vie. Je voyais la vie en monochrome noir. J’ai redécouvert le territoire heureux de mes rêves, de mes projets, de mes espoirs. Pour la première fois depuis longtemps, j’ai repris conscience du pouvoir illimité de la perception et de la relativisation. Les événements se produisent, certains totalement hors de notre contrôle. C’est la vie, shit happens. Ce qui fait qu’on est heureux, c’est la façon dont on perçoit ces événements, les leçons qu’on en tire, la force qu’on en extrait. Si on ne peux pas réparer ce qui est brisé, il faut lâcher prise.

Un poids s’est alors enlevé. Un poids dont je ne sentais même plus la présence tellement il était familier. J’ai passé ma journée à essayer de faire le vide, à me concentrer sur mes émotions, mes sensations, mes sentiments. J’ai laissé mon cerveau galoper sans chercher à le dompter. Beaucoup d’idées et de sentiments ont fusé. Je me suis endormie apaisée. J’ai écrit des pages et des pages.

Dimanche matin, même schéma. Je m’installe dans la fraicheur de l’aube, je prends mon cahier et je structure tout ce foisonnement d’idées. J’ai besoin d’un plan d’attaque, comme toujours. J’ai besoin de l’écrire noir sur blanc. Le papier et le crayon ont toujours été mes meilleurs compagnons dans mes moments de doute. Écrire canalise mon flux de pensées et organise mon cerveau. Écrire est hypnotique, mon souffle se fait régulier et le rythme de l’écriture cadence le flot de mes sentiments. Je suis apaisée, je reprends le contrôle. Petit à petit un plan se dessine pour m’aider à revenir à l’essentiel. Je me sens bien, apaisée.

Revenir à l'essentiel

J’ai choisi de commencer mon long chemin vers le retour à ma « vraie vie » en prenant des actions simples et faciles sur lesquelles j’ai facilement le contrôle. J’ai choisi de revenir à l’essentiel et de revivre.

Parmi mes premières actions, écrire un article sur ce blog s’est imposé comme un évidence. Alors j’ai écrit sur un sujet aussi futile mais agréable que mon nouveau Filmstar Bronze & Blush Glow de Charlotte Tilbury. Et ça m’a fait un bien fou. Canaliser mon énergie sur mon blog, c’est toujours positif pour moi.

J’ai également entrepris un grand ménage, physique et intellectuel, dans mon quotidien. J’ai commencé par me désabonner de dizaines de newsletters et de sites qui ne faisaient que polluer mes courriels et encombrer mon esprit. Je suis passée de plus de 1 500 messages (dont près de 1 000 non lus!) à une cinquantaine. Mon esprit s’est soudainement allégé.

J’ai ensuite trié des centaines de photos qui encombraient le bureau de mon ordinateur.

J’ai ensuite rangé mon bureau et jeté tout un tas de paperasses et de choses inutiles. Vous savez, toutes ces merdouilles qu’on conserve en pensant qu’un jour, on en aura besoin? Out of my life. Et hop, mon esprit s’allège encore un peu.

J’ai fait du tri dans mes vêtements. J’ai pris du poids grâce au stress. Le sucre et le gras, ça réconforte. Alors au lieu de garder des fringues « pour quand je reviendrais à mon poids d’avant », j’ai donné et jeté. Ces kilos font partie de moi maintenant.

À chaque nouveau petit pas vers un retour à l’essentiel, mon cœur s’apaise. Je prends plaisir à me recentrer sur les belles choses, à planifier mon avenir, à aimer avancer et progresser. Finalement 2017 ne sera peut-être pas une si mauvaise année. Je veux, sincèrement, faire plus d’activités que j’aime et consacrer mon énergie uniquement à des choses qui en valent la peine.

J’ai besoin également de me reconnecter avec ce blog. Il est possible que j’y apporte quelques modifications et surtout que je reprenne à nouveau l’écriture d’articles plus personnels, comme je le faisais jadis. Je pense partager avec vous notamment le processus plus détaillé de mon chemin vers un retour à l’essentiel à peine esquissé ici, pour vous aider si vous aussi vous êtes au creux d’une vague mais aussi pour garder une trace de ce parcours de vie, lorsque je traverserai à nouveau une zone de turbulences… J’envisage de diversifier un peu ma ligne éditoriale pour partager avec vous d’autres passions et pour rassasier ma faim d’écriture. J’ai envie de revenir à l’essentiel : écrire pour le plaisir et parler de tout ce qui me touche.

Quand tout semble aller mal, il est normal (et facile) de se laisser couler et emporter. Il suffit d’une étincelle pour raviver l’optimiste qui dort en nous. J’espère que cet article plus personnel vous a plus. En tous cas, il m’a fait du bien…

La vie est belle si on veut qu’elle le soit.

 

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16 Responses

  1. Je te souhaite de retrouver ton optimisme et la joie de vivre au plus vite. En tout cas, tu as eu une excellente démarche !
    Ce sont des étapes difficiles, mais parfois nécessaires dans une vie.

  2. Ravie de te retrouver.
    Je suis heureuse que tu ai pris les rennes de ta vie et que tu sois active et non passive dans ta route vers le bonheur.
    Je te souhaite des belles choses et un apaisement.
    Je t’ai dit que j’étais contente de te relire.
    Je t’embrasse

  3. Coucou,
    Merci pour cet article, des fois il faut sortir des sentiers battus, l’honnêteté est encore la meilleure chose avec les lectrices.
    Je te comprends j’ai moi même traversé des mois difficiles et douloureux, personnellement comme professionnellement les choses étaient de pire en pire; comme toi c’est ma petite boule de poils et son opération qui m’ont fait prendre conscience de la réalité, la goutte de trop. Il était temps pour moi de me poser et réfléchir à ce que je veux vraiment, et surtout éliminer ce qui me rends malheureuse. La vie est trop courte pour passer côté de l’essentiel.
    Une amie m’a récemment dit à ce sujet « Laisse circuler l’énergie librement, et occupe toi uniquement de ce qui se passe en ce moment, du mieux que tu peux. Si tu acceptes de persévérer dans le sens du courant au lieu de lui résister non seulement tu survivras mais tu réussira. »
    Toute mes pensées sont avec toi xxx

    • Merci du fond du cœur pour ton commentaire, je suis heureuse de lire que toi aussi tu as connu des moments difficiles mais que tu as choisi de ne pas te laisser anéantir. Voir le bon côté des choses et lâcher prise est un combat quotidien mais il en vaut la peine.
      xxxx

  4. Voilà quelqu’un qui se prend en mains! Bravo! 🙂 Mon école secondaire avait une devise en latin du genre Duc in Altum qui veut dire à peu près Toujours plus haut (je crois! :p) Alors, j’essaie de ne jamais regarder vers le bas, mais plutôt vers le haut… c’est plus beau de toute façon! Comme ton ciel! 🙂

    • Il faut en effet se concentrer sur les belles choses et regarder devant, même si parfois, on est tentées de se laisser emporter par le pessimisme. Plus les moments sont difficiles, plus focaliser sur le bon est important.
      Merci pour ton petit mot ♥

  5. Ton billet m’a beaucoup émue :’-) Je tiens à te féliciter car tu as su détecter dans tes humeurs qu’il y a avait un soucis de perception des choses et tu as réussi à redresse la barre toute seule, avec une bonne dose de résilience dans tout ça.
    C’est admirable, vraiment.
    Gros bisous et j’ai hâte de découvrir tes futurs articles plus « personnels », on a l’impression de te connaître beaucoup mieux à travers tes écrits <3

    • Merci ♥
      Il faut souvent un déclic, un événement particulier, pour se rendre compte que ça cloche, qu’il faut « faire quelque chose ». Il est alors bien difficile d’essayer de remonter la pente, et ce sont les petites choses qui comptent le plus dans ces moments.
      Je t’embrasse!

  6. Chère Anne-Claire, je suis contente de te lire et de voir que le décès de ton précieux chat t’a permis de faire le point….comme quoi, il est toujours avec toi. Pas facile de remettre plein de choses en question, je l’ai fait il y a 2 ans lors d’un petit problème de santé. Avancer de façon positive, se recentrer sur les bonnes personnes, les choses qui nous plaisent : un repas entre amis, une promenade, cuisiner, poser un joli vernis…. Je te souhaite de tout coeur de rebondir et t’embrasse.

    • Je me plaît à penser qu’il veille sur nous depuis le paradis des poilus, avec mes autres petits compagnons perdus plus tôt. Tu as parfaitement raison, ce sont tous les petits détails du quotidien qu’il faut observer et il faut se forcer à sourire d’un rien et apprécier chaque petit bonheur qui se présente à nous.
      Je t’embrasse fort, ton commentaire fait chaud au cœur.
      Merci ♥

  7. Ton post est vraiment très beau. Les larmes vont couler…
    Un extrait du film « la vie rêvée des anges » (1999) avec Elodie Bouchez et Natacha Régnier (primées à Cannes) : « je te souhaite la vie dont tu rêves, chaque jour, chaque seconde ».
    Plein de baisers <3

    • Oh merci ♥ Je suis moi-même encore très émue. Gandalf me manque à un point… c’est une vraie déchirure. Je travaille chaque jour à aller mieux dans ma vie. C’est difficile car il n’y a pas de mode d’emploi, il faut construire son propre chemin.
      Je t’embrasse, merci d’être là, sincèrement ♥

  8. Ton article me touche. J’admire ton courage. Si, si. Il faut oser l’écrire, il faut oser se l’admettre. C’est toujours une épreuve et lorsque tout va mal, ou que rien ne va plus, se l’avouer, c’est déjà avancer. Et puis, laisser aller, lâcher prise, est sûrement la meilleure des choses à faire et aussi la plus dure… Il y a une vérité si criante dans ton article. Je suis partagée entre une part de moi-même qui aime ton article et l’autre, qui n’aurait pourtant pas voulu le lire.
    Je te souhaite de te remettre doucement et sûrement de ces épreuves.
    Tu as une plume formidable ! Continue de nous en faire profiter ♥
    Des Bisous !

    • Ma chère Stéphanie
      Je n’ai pas l’impression d’être courageuse, j’ai l’impression au contraire de me laisser passivement emporter par le flot du quotidien et je cherche comment émerger et reprendre le contrôle des événements au lieu de les subir. Je pense que ça nous arrive toutes, et même plusieurs fois dans une vie. En tous cas, j’ai déjà vécu ce genre de période plusieurs fois dans ma vie, c’est peut-être tout simplement ce que l’on appelle poétiquement une « crise existentielle »! 🙂
      J’aime beaucoup écrire des articles plus personnels mais j’ai alors l’impression de n’intéresser personne et surtout, ça me donne l’impression de me plaindre ce dont j’ai une sainte horreur. Mais exprimer ses sentiments est tellement libérateur, et ça m’aide vraiment à faire le point et mettre mes idées et sentiments au clair. Alors je pense en publier plus régulièrement car, après tout, on écrit autant pour soi que pour ses lecteurs!
      Ta présence si fidèle sur mon blog est vraiment importante pour moi, tu n’as pas idée du réconfort que tu m’apportes. Merci d’être toujours là ♥

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