Ma vie d’avant – La vie d’une autre

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Pour mon premier article sur mon parcours de développement personnel, j’ai logiquement choisi de parler de « ma vie d’avant ». J’ai réellement l’impression d’avoir commencé une 2e vie depuis quelques mois, lorsque j’ai eu une violente prise de conscience (sur laquelle je reviendrais plus tard).

Ma vie avant, contrairement aux apparences, était semblable à celle d’un zombie. Ou d’un mort-vivant. Ou d’un somnambule. Avec le recul, je comprends que ce n’était pas une vie, que ce n’était pas ma vie, en tous cas pas celle que je voulais. Ma vie d’avant «ma révélation» me rendait malade et me rongeait lentement, en silence. Je n’étais pas heureuse. Je ne savais pas pourquoi. Je ne savais pas comment m’en sortir.

Ma vie était tragiquement et ennuyeusement banale. D’après les critères sociaux, j’avais pourtant réussi ma vie. En toute logique, je devais donc me sentir très heureuse et épanouie.

Sauf que non. Pas du tout. Diplôme universitaire, propriétaire de ma maison, en couple depuis 15 ans, emploi stable et bien payé, immigration réussie au Canada, bonne santé physique… sur le papier c’est le rêve devenu réalité.

Seulement voilà, ce rêve, ce n’était pas mon rêve. C’est celui que la société, les autres, la famille, les médias m’ont poussé à réaliser.

Depuis toujours on nous conditionne, subtilement ou très explicitement, à croire que le bonheur se trouve dans la trilogie travail, famille et (sur)consommation.

Le conditionnement commence depuis la plus tendre enfance :

  • Travaille bien à l’école sinon le Père Noël ne passera pas!
  • Si tu as des mauvaises notes, tu seras éboueur / plombier / balayeur! (voilà comment des dizaines de professions se retrouvent dénigrées)
  • Fais des études pour avoir un bon travail!
  • Trouve-toi un mari (quelqu’un de l’autre sexe et de la même origine que toi, cela va sans dire)
  • Trouve un emploi stable (en CDI dans la fonction publique – un vrai travail, quoi!)
  • Achète une voiture
  • Achète une maison
  • Achète un divan, une télé 50 pouces, un IPad, un IPhone, un four à chaleur tournante, des draps en flanelle…
  • Mets de l’argent de côté pour ta retraite
  • Ne mange pas de glucides car tu ne vas pas rentrer dans ton bikini (NDLR : je ne suis jamais rentrée dans un bikini)
  • Si tu voyages, attention au chikungunya, aux serpents, au soleil, aux voleurs, à la tourista…
  • Arrête de rêvasser! Grandis un peu! Sois réaliste!

On grandit, sans s’en rendre compte, dans la peur permanente de tout, en suivant des objectifs soigneusement définis à l’avance. Suis le chemin tout tracé et il ne t’arrivera rien. En effet, il ne m’est rien arrivé et c’est bien ça le problème.

On grandit endoctriné dans des valeurs et des dogmes qu’on gobe sans même y réfléchir. On voit nos parents vivre comme ça. À la télé, ils vivent comme ça. Partout autour de nous, ils vivent comme ça.

Alors ça doit être ça, la vie… Notre cerveau se construit autour de ces idées et tout cela nous parait normal. On ne prend pas la peine de remettre les choses en question, ça ne nous effleure même pas l’esprit.

On est conditionnés pour penser que, si l’on s’écarte de ces valeurs, on va rater sa vie et on ne va pas être heureux. Qui veut être malheureux dans la vie? Personne. Alors on s’efforce de suivre le chemin tout tracé, avec « la société » (famille, proches, collègues, médias…) comme chien de garde qui s’assure que personne ne s’égare en chemin.

Si on ne se sent pas heureux avec tout ça, c’est qu’on a un sacré problème. On est ingrats, on ne réalise pas la chance qu’on a d’avoir un toit sur la tête, de la bouffe à profusion et accès à la médecine de pointe. Avec cet argument choc, on se rassoit tout penaud et on se dit que quelque chose cloche en soi, qu’on est égoïste, sans cœur et qu’on n’est pas du tout reconnaissant des bienfaits reçus. On n’a pas le droit d’être malheureux avec toutes ces choses que l’on a.

Tu es privilégiée, de quoi tu te plains? Estime-toi heureuse et pense à tous ceux qui voudraient ta place…

Alors on ravale son malaise, son mal-être, et on continue la route toute tracée en étouffant nos larmes et notre anxiété. On s’assomme à coup de Netflix, de crème glacée et de pizza 5 fromages. On n’en parle à personne car se plaindre est très mal vu.

C’est la vie, c’est comme ça, tu n’as pas d’autre choix!

Jusqu’au jour où on a une révélation, une illumination, une prise de conscience. On ne peut plus vivre comme ça, ça ne peut plus durer…

Une goutte finit toujours par faire déborder le vase.

Mon vase a mis presque 40 ans à se remplir.

En août 2017, il a débordé.

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6 Responses

  1. Djahann

    Tu as tellement raison ! Mais je trouve que même quand on ne vit pas pas sur un chemin tout tracé (je n’ai jamais eu d’emploi stable, je ne suis pas mariée, pas d’enfant, ni propriétaire de rien du tout, je suis en dehors du chemin) c’est difficile. Parce qu’il faut quand même travailler (mais quel est donc le but du travail, maintenant ? Il n’a souvent ni sens, ni valeur), et il y a le poids de la société qui n’accepte pas du tout ceux qui ne suivent pas le chemin qu’elle voudrait…. Je crois que quand on approche de la quarantaine, on a besoin de changement !

    • My Beauty Québec

      Merci 🙂 J’ai eu la sensation d’avoir besoin de changement tout au long de ma vie, de fa^con de plus en plus pressante et urgente. Là, peut-être avec la quarantaine, c’est devenu vital et prioritaire! Je ne suis vraiment plus capable de vivre avec cette impression pesante de manquer quelque chose, de passer à côté de ma vie… Le changement fait toujours du bien, aussi petit soit-il, mais parfois il faut un gros changement pour retrouver la paix!

  2. Belette

    Ici, je sors des sentiers battus aussi…pas propriétaire et ici, c’est limite un sacrilège…mais me saigner toute ma vie pour me payer une maison que je serais obligée de revendre à la retraite que j’aurais probablement à 70ans…Ne pas vraiment mettre de l’argent de côté pour la retraite…ouais mais moi, je préfère profiter de mes sous maintenant et pas quand je serai vieille!! Alors oui, je me bats souvent contre des stéréotypes mais je m’en fiche, je fais ce que je veux!!!

    • My Beauty Québec

      Moi j’ai acheté une maison car je voulais ma tranquillité et mon jardin. J’ai grandi à la campagne et je ne supporte pas la vie en appartement. Ici, il est rare de pouvoir louer une maison alors on a acheté notre tranquillité! Puisqu’on n’épargne pas pour notre retraite, on la revendra le moment venu et on ira vivre au soleil tout simplement 🙂

  3. Unjenesaisquooi

    Coucou,

    Encore un bel article, qui reflète ce que beaucoup de gens pensent tout bas. Malheureusement oui la sociéténous conditionne depuis notre plus tendre enfance, et le réveil fais mal.
    Mon vase a débordé l’année dernière et pour rien au monde je ne reviendrais en arrière. Je ne sais pas trop ou je vais, je me fais aidé(en silence car c’est bien connu, demandé de l’aide c’est mal), mais je me sens beaucoup mieux maintenant.
    Merci de partager ton parcours, j pense que ça en aide pas mal.$
    xx

    • My Beauty Québec

      Merci beaucoup 🙂
      J’avais déjà eu quelques période de réveil, mais pas de vraie prise de conscience, pas de révélation qui te prend aux tripes et te fait mal. Là, j’ai l’impression d’être sortie de la Matrice et de voir la vie complètement différemment, à travers mes propres yeux en quelque sorte. C’est fou comme nous sommes tous conditionnés et «robotisés», à faire et vouloir les mêmes choses et à ne jamais être réellement et fondamentalement heureux… S’affranchir du regard et du jugement des autres est la chose la plus difficile dans la vie!

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